15.02.2009

Chanson XIV Alcôve noire

Ces premiers froids que l’on réchauffe d’un sarment,
— Et des platanes d’or le long gémissement,
— Et l’alcôve au lit noir qui datait d’Henri IV,
Où ton corps, au hasard de l’ombre dévêtu,
S’illuminait parfois d’un rouge éclair de l’âtre,
Quand tu m’aiguillonnais de ton genou pointu,
Chevaucheuse d’amour si triste et si folâtre ;
— Et cet abyme où l’on tombait : t’en souviens-tu ?

16.05.2008

I Chanson Romances sans musique

 

En Arles.

 

a. Dans Arle, où sont les Aliscams,
    Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
                  Et clair le temps,

    Prends garde à la douceur des choses.
    Lorsque tu sens battre sans cause
                  Ton coeur trop lourd ;

    Et que se taisent les colombes :
    Parle tout bas, si c'est d'amour,
                  Au bord des tombes.

 

 


Les trois dames d'Albi.

 

b. Filippa, Faïs, Esclarmonde,
    Les plus rares, que l'on put voir,
                  Beautés du monde ;

    Mais toi si pâle encor d'avoir
    Couru la lune l'autre soir
                  Aux quatrerues,

    Ecoute : au bruit noir des chansons
    Satan flagelle tes soeurs nues ;
                    Viens, et dansons.

 


Plus oultre.

 

c. Au mois d'aimer, au mois de Mai,
   Quand Zo' va cherchant sous les branches
                 Le bien-aimé,

   Son jupon, tendu sur les hanches,
   Me fait songer à l'aile blanche
                 Du voilier :

   Mers qui battez au pied des mornes
   Et dont un double Pilier
                 Dressa les bornes.

31.03.2008

Chansons V

Toi qui fais rêver, ô brune
Si pâle, de clair de lune ;
Des heures blanches et lentes
Où les colombes lamentent ;

Le jour efface la lune,
Les blondes se rient des brunes.
Je t'ai onze jours aimée :
L'amour, n'est-ce pas fumée ?