02.05.2008

Coples CIV

Etranger, je sens bon. Cueille-moi sans remords :
Les violettes sont le sourire des morts.

20.04.2008

Le diable au bar. Léon Vérane

                                                   Pour Albert Decaris. 

 

Les alcools fleurissaient les verres à facettes
Et le zinc lumineux semblait un reposoir.
Je trouvais au patron une figure honnête,
Un nerf de boeuf était derrière le comptoir.

 

Les flacons arboraient d'étranges étiquettes,
Une fille faisait ses lèvres au miroir,
L'aveugle, sur le seuil, d'une aigre clarinette,
Aggravait à dessein la descente du soir.

 

Des marins qui n'étaient inscrits sur aucun rôle
Troquaient pour un peu d'or de rares perroquets
Ou les singes pelés juchés sur leur épaule,

 

Et les barques s'entrechoquaient le long des quais.

 

Alors au ciel monta la lune lente et plate
Qui fait hurler en choeur les déments et les chiens,
Et le Diable, vêtu d'un chandail écarlate,

 

Pénétra dans le bar et dénombra les siens.

 

Léon Vérane  "Les étoiles et les roses"  Poèmes choisis

13.04.2008

Contrerimes XL

L'immortelle, et l'oeillet de mer
      Qui pousse dans le sable,
La pervenche trop périssable,
      Ou ce fenouil amer

 

Qui craquait sous la dent des chèvres
       Ne vous en souvient-il,
Ni de la brise au sel subtil
       Qui nous brûlait aux lèvres ?

09.04.2008

Portrait

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08.04.2008

Coples LXI

Elle est noire, c'est vrai. Corail ni jameroses
Ne rient dans sa figure, ou l'or non plus des blés.
Mais, les charbons sont noirs comme elle. Allume-les :
             On dirait un buisson de roses.

05.04.2008

Coples LXVIII

Sous ta paupière bleue, Albe, ton regard d'or :
Tel palpite l'éclair aux nuits de Messidor.

31.03.2008

Chansons V

Toi qui fais rêver, ô brune
Si pâle, de clair de lune ;
Des heures blanches et lentes
Où les colombes lamentent ;

 

Le jour efface la lune,
Les blondes se rient des brunes.
Je t'ai onze jours aimée :
L'amour, n'est-ce pas fumée ?

30.03.2008

Dixains 1

Nane, as-tu gardé souvenir
Du Panthéon-Place Courcelle
Qui roulait à cris de crécelle,
Sans au but jamais parvenir ;
Du jour où te sculptait la brise
Sous ta jupe noire et cerise ;
De l'impérial au banc haut,
Où se scandait comme un ïambe
La glissade avec le cahot,
- Et du vieux qui lorgnait tes jambes ?

29.03.2008

Portrait

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28.03.2008

Coples XVIII

Brouillard de l'opium tout trempé d'indolence,
Robe d'or suspendue aux jardins du silence.

26.03.2008

Contrerimes 1

Avril, dont l'odeur nous augure
Le renaissant plaisir,
Tu découvres de mon désir
La secrète figure.

 

Ah, verse le myrte à Myrtil,
L'iris à Desdémone :
Pour moi d'une rose anémone
S'ouvre le noir pistil.

25.03.2008

Pour débuter

Voici quelques poèmes de Paul-Jean Toulet tirés de son chef-d'oeuvre, Les Contrerimes. Son recueil est normalement divisé en quatre parties, Contrerimes, Chansons, Dixains, Coples. Je piocherai ici et là en précisant bien sûr la place initiale de chaque poème.

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