17.03.2012

Coples LXXXII

Eh quoi, le monde tourne, et mon bol, et ce livre
Que je tiens dans ma main. O ciel tu es donc ivre ?

11.02.2012

Anne Mangeot :Eclats de Verres

Une fois n'est pas coutume ; un peu de publicité pour un livre qui a tout de même été écrit par mon épouse :) vous voulez rire, pleurer et réfléchir sur ce fléau qui touche tant de familles ? Lisez ce récit ; vous ne verrez plus les alcooliques... pardon les malades alcooliques sous le même jour ! Ce livre est préfacé par le Professeur François Paille, Président de la Fédération Française d' Addictologie et illustré par l'artiste lyonnaise Mina Qil.

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Avec authenticité, sincérité, humour et émotion, Anne Mangeot raconte son parcours de malade alcoolique : la prise de conscience de la dépendance, la lutte avec le produit, la relation avec les soignants, la rechute, la rencontre avec un groupe d’entraide … et puis l’espoir de retrouver le chemin de la liberté pour découvrir enfin le plaisir de l’abstinence heureuse et la joie de vivre sans alcool, libérée de l’alcool aujourd’hui.

L'auteur :

Anne Mangeot

original

Née en 1968, ANNE MANGEOT vit en Lorraine. Formatrice de l'Éducation nationale, elle se passionne pour l'écriture et l'art lyrique.

Éclats de verres  est son premier récit.

http://www.jacquesflament-editions.com/

03.02.2012

Contrerimes XII

                                                         Le Garno.

 

L’hiver bat la vitre et le toit.
    Il fait bon dans la chambre,
À part cette sale odeur d’ambre
    Et de plaisir. Mais toi,
 
Les roses naissent sur ta face
    Quand tu ris près du feu...
Ce soir tu me diras adieu,
    Ombre, que l’ombre efface.

09.11.2011

Poème flou à une morte. Francis Carco.

Où va la pluie , le vent la mène 
En tintant sur le toit 
Et je me serrais contre toi, 
Pour te cacher ma peine. 

Le jardin noir aux arbres nus, 
Ta petite lampe en veilleuse, 
Tes soupirs heureux 
D’amoureuse 
Que sont-ils devenus ? 

J'écoute encor tomber la pluie : 
Elle n'a plus le même bruit . . . 

19.08.2011

Curnonski

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18.07.2011

Contrerimes XXI

                                               La première fois.

- " Maman !... Je voudrais qu'on en meure. "
     Fit-elle à pleine voix.
- " C'est que c'est la première fois,
     Madame, et la meilleure. "
 
Mais elle, d'un coude ingénu
     Remontant sa bretelle,
- " Non, ce fut en rêve ", dit-elle.
    " Ah ! que vous étiez nu... "
                  
 

13.05.2011

10

Comme la beauté aux plis d'une robe, l'amour se trahit à travers la pudeur. Et dans cette ombre aussi, Madame, où votre coeur battait, ce même soir qu'il eut soif de mourir.

Les Trois Impostures 1922 

09.02.2011

Dixains VIII

 

Sur le canal Saint-Martin glisse,
Lisse et peinte comme un joujou,
Une péniche en acajou,
Avec ses volets à coulisse,
Un caillebot au minium,
Et deux pots de géranium
Pour la Picarde, en bas, qui trôle.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Je rêve d’un soir rouge d’or,
Et d’un lougre hindou qui s’endort :
— Siffle la brise... eh toi ! créole.

 

12.12.2010

Produits dérivés... (Les Alyscamps)

 

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20.11.2010

Contrerimes VIII

Dans le silencieux automne
    D’un jour mol et soyeux,
Je t’écoute en fermant les yeux,
    Voisine monotone.

Ces gammes de tes doigts hardis,
    C’étaient déjà des gammes
Quand n’étaient pas encor des dames
    Mes cousines, jadis ;

Et qu’aux toits noirs de la Rafette,
    Où grince un fer changeant,
Les abeilles d’or et d’argent
    Mettaient l’aurore en fête.

10.10.2010

Coples XXV

 

Cette averse, Badoure, où ma langueur balance
A t'émouvoir, s'éloigne ainsi qu'un messager,
Écoutes-en tarir le battement léger
Dans nos coeurs, et l'amour s'enchanter de silence.

 

24.08.2010

Dixains V

« — Non, ce taxi, quelle charrette.
C’est sous les toits, votre entresol ?
Je t’aime... Oui c’est un tournesol...
Si tu savais comme il me traite :
Des claques voilà mes cadeaux !
Je croyais n’être jamais prête.
... Ça ? C’est moi. Laissez les rideaux. »
« — Le cœur vous est bien en dentelle. »
« — Mais il faut une heure » dit-elle
« Rien qu’à me lacer dans le dos. »

 

24.05.2010

Paul Gauguin Les Alyscamps

 

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03.05.2010

Nouvelles Contrerimes XXXII

Infini, fais que je t'oublie
   Et que je dise encor
Le printemps au tendre décor,
   L'onde qui se délie,

Et celle dont sonnait le pas
   A travers les allées,
Amour, ô feuilles envolées,
   Ô roses du trépas.

06.04.2010

Contrerimes XXX

                                                     La Cigale.


Quand nous fûmes hors des chemins
Où la poussière est rose,
Aline, qui riait sans cause
En me touchant les mains ; —

L’Écho du bois riait. La terre
Sonna creux au talon.
Aline se tut : le vallon
Était plein de mystère...

Mais toi, sans lymphe ni sommeil,
Cigale en haut posée,
Tu jetais, ivre de rosée,
Ton cri triste et vermeil.

21.02.2010

Wikipédia et Toulet

Paul-Jean Toulet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Paul-Jean Toulet, né à Pau (Basses-Pyrénées) le 5 juin 1867 et mort à Guéthary (Basses-Pyrénées) le 6 septembre 1920, est un écrivain et poète français, célèbre par ses Contrerimes, une forme poétique qu'il avait créée.

Biographie

Paul-Jean Toulet perd sa mère à sa naissance. Tandis que son père regagne l'île Maurice, il est confié à un oncle de Bilhères, dans la vallée d'Ossau. Il séjourne trois ans à l'île Maurice (1885-1888) puis un an à Alger (1888-1889), où il publie ses premiers articles. Il arrive à Paris en 1898.

C'est là qu'il se forme véritablement, sous la tutelle de Willy, dont il est l'un des nombreux nègres, notamment pour Maugis en ménage. Colocataire du futur Prince des Gastronomes Curnonsky, il fréquente les salons mondains et les boudoirs demi-mondains qu'il évoque dans Mon Amie Nane. Il travaille beaucoup et se livre à divers excès, dont l'alcool et l'opium. Il collabore à de nombreuses revues, dont la Revue critique des idées et des livres de Jean Rivain et Eugène Marsan. De novembre 1902 à mai 1903, il effectue un voyage qui le mène jusqu'en Indochine.

Il quitte définitivement Paris en 1912 pour s'installer chez sa sœur, à Saint-Loubès, près de Libourne, puis à Guéthary, où il se marie. Ses dernières années sont assombries par la maladie. Pendant ce temps, un groupe de jeunes poètes, dont Francis Carco et Tristan Derème, prenant son œuvre en modèle, s'intitulent « poètes fantaisistes ».

Les fameuses Contrerimes, que l'auteur avait dispersées dans des revues et dans le corps de ses romans, sont réunies en 1916, mais ne sont publiées que quelques mois après sa mort.

Dans le domaine théâtral, Paul-Jean Toulet composa avec des amis (Martin et Cotoni) un à-propos en vers : La Servante de Molière dont nous n'avons pas le texte, mais qui fut représenté au Théâtre des Nouveautés d'Alger (alors que le poète y résidait), et qu'il s'amusa à éreinter lui-même dans Le Moniteur. Il fit également représenter une comédie en prose : Madame Josephe Prudhomme dont il était l'unique auteur. Enfin, Le Souper interrompu qui fut joué pour la première fois le 27 mai 1944 au théâtre du Vieux-Colombier, au même programme qu'une autre création, Huis clos de Jean-Paul Sartre.

Paul-Jean Toulet avait eu un projet avec Claude Debussy autour de Comme il vous plaira (As you like it) de William Shakespeare. La maladie du compositeur n'en a pas permis la réalisation.

Georges Bernanos évoque son souvenir dans les premiers mots de son premier roman Sous le soleil de Satan (« Voici l'heure du soir, qu'aima P.J Toulet... »).

Œuvres

Publications posthumes
  • Les Contes de Béhanzigue (1920, éd. complète 1921)
  • Les Contrerimes (1921)
  • Le Souper interrompu (théâtre, 1922)
  • Les Trois Impostures (1922). Rééd. en 1929, Ed. Émile-Paul, Paris, ill. d'Hermine David.
  • Les Demoiselles La Mortagne (1923)
  • Lettres à soi-même (1927)
  • Vers inédits (1936)
Traduction
Correspondance
Rééditions modernes

Bibliographie succincte

  • Henri Martineau, La Vie de Paul-Jean Toulet, Paris, Le Divan, 1921.
  • Jacques Dyssord, L'Aventure de Paul-Jean Toulet Gentillomme de lettres, Paris, Bernard Grasset, 1928.
  • Pierre-Olivier Walzer, Paul-Jean Toulet, L'Œuvre, l'Écrivain, Paris, Aux Portes de France, 1949, 394 p.
  • Pierre-Olivier Walzer, Paul-Jean Toulet, Seghers, « Poètes d'aujourd'hui », 1954
  • Catalogue de l'exposition Paul-Jean Toulet à la Bibliothèque nationale de France, mai-juin 1968.
  • La Belle Époque à Pau. Lettres et arts, Collectif publié par l'Académie des lettres pyrénéennes, sous la direction de Louis Ducla et Michel Fabre, Pau, 1980.
  • Daniel Aranjo, Paul-Jean Toulet (1867-1920). Vol. 1. La vie, l'œuvre. Vol. 2. L'Esthétique, Pau, Marrimpouey, 1980, 600 p.
  • Présence de Paul-Jean Toulet, ouvrage collectif conçu et réalisé par Michel Bulteau, La Table Ronde, 1985
  • Pierre-Olivier Walzer, Paul-Jean Toulet, La Manufacture, « Qui êtes-vous », 1987 (réédition du volume Seghers avec quelques différences dans le choix de textes)
  • Frédéric Martinez, Prends garde à la douceur des choses, Paul-Jean Toulet, une vie en morceaux, ed. Tallandier, 2008.

30.12.2009

Nouvelles Contrerimes XXXVI

Quand l'enfant prodigue revint,
   Tout riait chez son père :
Les filles, la moisson prospère,
   Les fleurs, espoir du vin.

L'aîné dit : "Qui donc vient chez nous ?"
   Mais le vieux baron tremble,
Une image en son coeur ressemble
   A ce pauvre à genoux.

Il court vers ce mendiant blême,
   Il le prend dans ses bras :
- "Mon fils, aimes-tu le veau gras ?"
   - "Père, c'est vous que j'aime."

                         Guéthary, 19 décembre 1919.

Bonne année à toutes et à tous  

23.11.2009

Toulet

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22.10.2009

Coples CVII

C’est Dimanche aujourd’hui. L’air est couleur du miel.
Le rire d’un enfant perce la cour aride :
On dirait un glaïeul élancé vers le ciel.
Un orgue au loin se tait. L’heure est plate et sans ride.

24.09.2009

Modestie

" Je suis inconnu, sauf d'un petit nombre ; le petit nombre m'a toujours outrageusement flatté. "

28.08.2009

Dixains IX

Ce pavé que l’Europe foule
Est gras encor du suif des morts.
Leurs os, qui n’ont plus de remords,
Y dorment au pas de la foule,
D’un sommeil noir, à pleins paniers.
— Dors-tu, Cathau, loin des charniers
Où tes crapauds, sous l’herbe verte,
Enchantaient le cœur des passants :
Toi qu’un jour l’aube, aux Innocents,
Trouva nue, et la gorge ouverte ?

29.06.2009

Debussy-Clair de lune

25.06.2009

Coples XLI

La mer étincelait ainsi qu'une gitane
Sous ses volants d'azur où scintille le fer ;
Et tu m'as dit : " Que je suis lasse de la mer.
Venez : l'heure est plus douce à l'ombre du platane. "

03.06.2009

Toulet

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25.04.2009

Nouvelles Contrerimes XXXVIII

As-tu peur de la nuit qui tombe ?
   Enfant, n'écoute pas
Ce creux qui sonne sous nos pas :
   C'est peut-être une tombe.

19.03.2009

Contrerimes XIX

                                              Rêves d’enfant.

Circé des bois et d’un rivage
    Qu’il me semblait revoir,
Dont je me rappelle d’avoir
    Bu l’ombre et le breuvage ;

Les tambours du Morne Maudit
    Battant sous les étoiles
Et la flamme où pendaient nos toiles
    D’un éternel midi ;

Rêves d’enfant, voix de la neige,
    Et vous, murs où la nuit
Tournait avec mon jeune ennui...
    Collège, noir manège.

 

15.02.2009

Chanson XIV Alcôve noire

Ces premiers froids que l’on réchauffe d’un sarment,
— Et des platanes d’or le long gémissement,
— Et l’alcôve au lit noir qui datait d’Henri IV,
Où ton corps, au hasard de l’ombre dévêtu,
S’illuminait parfois d’un rouge éclair de l’âtre,
Quand tu m’aiguillonnais de ton genou pointu,
Chevaucheuse d’amour si triste et si folâtre ;
— Et cet abyme où l’on tombait : t’en souviens-tu ?

19.01.2009

Toulet

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02.01.2009

Coples LVIII

Sur la Halte de chasse de Van Loo.


On rit, on se baise, on déjeune...
Le soir tombe : on n’est plus très jeune.

 

19.12.2008

Lettre de Toulet à sa soeur Jeanne.

" Je n'ai pas envie de sortir d'ici. Je n'ai pas envie d'y rester non plus. je n'ai envie de rien, ni de vivre, ni, non pas même, de mourir. Adieu. Je suis triste comme ces jardins de banlieue où il ne pousse que des tessons de bouteilles. Mais je t'aime encore un peu ; et tu es bien la seule. "

Paris, 22 mars 1910.

Coll. Mme Gérard de Fougières.