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19/03/2009

Contrerimes XIX

                                              Rêves d’enfant.

Circé des bois et d’un rivage
    Qu’il me semblait revoir,
Dont je me rappelle d’avoir
    Bu l’ombre et le breuvage ;

Les tambours du Morne Maudit
    Battant sous les étoiles
Et la flamme où pendaient nos toiles
    D’un éternel midi ;

Rêves d’enfant, voix de la neige,
    Et vous, murs où la nuit
Tournait avec mon jeune ennui...
    Collège, noir manège.

 

15/02/2009

Chanson XIV Alcôve noire

Ces premiers froids que l’on réchauffe d’un sarment,
— Et des platanes d’or le long gémissement,
— Et l’alcôve au lit noir qui datait d’Henri IV,
Où ton corps, au hasard de l’ombre dévêtu,
S’illuminait parfois d’un rouge éclair de l’âtre,
Quand tu m’aiguillonnais de ton genou pointu,
Chevaucheuse d’amour si triste et si folâtre ;
— Et cet abyme où l’on tombait : t’en souviens-tu ?

20:06 Publié dans Chansons | Lien permanent | Commentaires (4)

19/01/2009

Toulet

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15:05 Publié dans bidouille | Lien permanent | Commentaires (1)

02/01/2009

Coples LVIII

Sur la Halte de chasse de Van Loo.


On rit, on se baise, on déjeune...
Le soir tombe : on n’est plus très jeune.

 

20:03 Publié dans Coples | Lien permanent | Commentaires (5)

19/12/2008

Lettre de Toulet à sa soeur Jeanne.

" Je n'ai pas envie de sortir d'ici. Je n'ai pas envie d'y rester non plus. je n'ai envie de rien, ni de vivre, ni, non pas même, de mourir. Adieu. Je suis triste comme ces jardins de banlieue où il ne pousse que des tessons de bouteilles. Mais je t'aime encore un peu ; et tu es bien la seule. "

Paris, 22 mars 1910.

Coll. Mme Gérard de Fougières.

30/11/2008

Coples LXLII

Le bouc et la brebis enfantent le titire.
Mais le musmon, de chèvre et de bélier, se tire.

13:50 Publié dans Coples | Lien permanent | Commentaires (9)

30/10/2008

A lire : Frédéric Martinez

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Contrerimes LXX

La vie est plus vaine une image
    Que l’ombre sur le mur.
Pourtant l’hiéroglyphe obscur
    Qu’y trace ton passage

M’enchante, et ton rire pareil
    Au vif éclat des armes ;
Et jusqu’à ces menteuses larmes
    Qui miraient le soleil.

Mourir non plus n’est ombre vaine.
    La nuit, quand tu as peur,
N’écoute pas battre ton cœur :
    C’est une étrange peine.

12/09/2008

Contrerimes VI

Il pleuvait. Les tristes étoiles
    Semblaient pleurer d’ennui.
Comme une épée, à la minuit,
    Tu sautas hors des toiles.

— Minuit ! Trouverai-je une auto,
    Par ce temps ? Et le pire,
C’est mon mari. Que va-t-il dire,
    Lui qui rentre si tôt ?

— Et s’il vous voyait sans chemise,
    Vous, toute sa moitié ?
— Ne jouez donc pas la pitié.
— Pourquoi ?... Doublons la mise.

07/08/2008

Toulet

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23:50 Publié dans bidouille | Lien permanent | Commentaires (1)

15/07/2008

Contrerimes XLV

Molle rive dont le dessin
     Est d'un bras qui se plie,
Colline de brume embellie
     Comme se voile un sein,

Filaos au chantant ramage -
      Que je meure et, demain,
Vous ne serez plus, si ma main
      N'a fixé votre image.

13/06/2008

Coples LXXXVIII

La demoiselle, de vieillesse, est presque morte.
Elle frissonne encore un peu : le vent l'emporte.

17:45 Publié dans Coples | Lien permanent | Commentaires (1)

16/05/2008

I Chanson Romances sans musique

 

En Arles.

 

a. Dans Arle, où sont les Aliscams,
    Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
                  Et clair le temps,

    Prends garde à la douceur des choses.
    Lorsque tu sens battre sans cause
                  Ton coeur trop lourd ;

    Et que se taisent les colombes :
    Parle tout bas, si c'est d'amour,
                  Au bord des tombes.

 

 


Les trois dames d'Albi.

 

b. Filippa, Faïs, Esclarmonde,
    Les plus rares, que l'on put voir,
                  Beautés du monde ;

    Mais toi si pâle encor d'avoir
    Couru la lune l'autre soir
                  Aux quatrerues,

    Ecoute : au bruit noir des chansons
    Satan flagelle tes soeurs nues ;
                    Viens, et dansons.

 


Plus oultre.

 

c. Au mois d'aimer, au mois de Mai,
   Quand Zo' va cherchant sous les branches
                 Le bien-aimé,

   Son jupon, tendu sur les hanches,
   Me fait songer à l'aile blanche
                 Du voilier :

   Mers qui battez au pied des mornes
   Et dont un double Pilier
                 Dressa les bornes.

17:18 Publié dans Chansons | Lien permanent | Commentaires (1)

02/05/2008

Coples CIV

Etranger, je sens bon. Cueille-moi sans remords :
Les violettes sont le sourire des morts.

22:48 Publié dans Coples | Lien permanent | Commentaires (3)

20/04/2008

Le diable au bar. Léon Vérane

                                                   Pour Albert Decaris. 

 

Les alcools fleurissaient les verres à facettes
Et le zinc lumineux semblait un reposoir.
Je trouvais au patron une figure honnête,
Un nerf de boeuf était derrière le comptoir.

Les flacons arboraient d'étranges étiquettes,
Une fille faisait ses lèvres au miroir,
L'aveugle, sur le seuil, d'une aigre clarinette,
Aggravait à dessein la descente du soir.

Des marins qui n'étaient inscrits sur aucun rôle
Troquaient pour un peu d'or de rares perroquets
Ou les singes pelés juchés sur leur épaule,

Et les barques s'entrechoquaient le long des quais.

Alors au ciel monta la lune lente et plate
Qui fait hurler en choeur les déments et les chiens,
Et le Diable, vêtu d'un chandail écarlate,

Pénétra dans le bar et dénombra les siens.

 

Léon Vérane  "Les étoiles et les roses"  Poèmes choisis

13/04/2008

Contrerimes XL

L'immortelle, et l'oeillet de mer
      Qui pousse dans le sable,
La pervenche trop périssable,
      Ou ce fenouil amer

Qui craquait sous la dent des chèvres
       Ne vous en souvient-il,
Ni de la brise au sel subtil
       Qui nous brûlait aux lèvres ?

09/04/2008

Portrait

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13:49 Publié dans bidouille | Lien permanent | Commentaires (1)

08/04/2008

Coples LXI

Elle est noire, c'est vrai. Corail ni jameroses
Ne rient dans sa figure, ou l'or non plus des blés.
Mais, les charbons sont noirs comme elle. Allume-les :
             On dirait un buisson de roses.

15:45 Publié dans Coples | Lien permanent | Commentaires (1)

05/04/2008

Coples LXVIII

Sous ta paupière bleue, Albe, ton regard d'or :
Tel palpite l'éclair aux nuits de Messidor.

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31/03/2008

Chansons V

Toi qui fais rêver, ô brune
Si pâle, de clair de lune ;
Des heures blanches et lentes
Où les colombes lamentent ;

Le jour efface la lune,
Les blondes se rient des brunes.
Je t'ai onze jours aimée :
L'amour, n'est-ce pas fumée ?

21:20 Publié dans Chansons | Lien permanent | Commentaires (1)

30/03/2008

Dixains 1

Nane, as-tu gardé souvenir
Du Panthéon-Place Courcelle
Qui roulait à cris de crécelle,
Sans au but jamais parvenir ;
Du jour où te sculptait la brise
Sous ta jupe noire et cerise ;
De l'impérial au banc haut,
Où se scandait comme un ïambe
La glissade avec le cahot,
- Et du vieux qui lorgnait tes jambes ?

17:25 Publié dans Dixains | Lien permanent | Commentaires (1)

29/03/2008

Portrait

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00:38 Publié dans bidouille | Lien permanent | Commentaires (1)

28/03/2008

Coples XVIII

Brouillard de l'opium tout trempé d'indolence,
Robe d'or suspendue aux jardins du silence.

22:05 Publié dans Coples | Lien permanent | Commentaires (2)

26/03/2008

Contrerimes 1

Avril, dont l'odeur nous augure
Le renaissant plaisir,
Tu découvres de mon désir
La secrète figure.

Ah, verse le myrte à Myrtil,
L'iris à Desdémone :
Pour moi d'une rose anémone
S'ouvre le noir pistil.

25/03/2008

Pour débuter

Voici quelques poèmes de Paul-Jean Toulet tirés de son chef-d'oeuvre, Les Contrerimes. Son recueil est normalement divisé en quatre parties, Contrerimes, Chansons, Dixains, Coples. Je piocherai ici et là en précisant bien sûr la place initiale de chaque poème.

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